11.1.11

RN9 avortée

Le lendemain, même topo, réveil à l'aube, direction le Nord, objectif : Morombe pour ce soir. Deux possibilités, la côtière dans le sable, ou la RN9 en terre, soi disant réhabilitée il y a peu. On choisit la RN9, la côtière est tentante mais n'ayant jamais vraiment roulé dans le sable, à deux avec bagages, ça s'annonce tendu.

La piste est plutôt roulante sur les premiers kilomètres, agréable surprise, du sable d'abord, mais rien de bien méchant, puis la patte d'oie séparant la côtière de la RN9 nous emmène plus loin dans les terres, on change de surface. De la bonne glaise, bien dure, qui nous fera vite déchanter, quelques orages nous ont précédé, la piste est détrempée, du savon... Au début je fais le malin dans les flaques, mais ça dure pas...

De la bonne bouillasse

On galère pas mal, Margot descend dans les passages trop difficiles, on tente des pistes parallèles tout aussi glissantes, on chute, une fois, deux fois, je pète le levier de frein avant, on continue sans, la glaise forme une couche uniforme sur les pneus, la motricité est mauvaise, la direction quasi-nulle... Margot n'y croit plus, moi je veux croire que ce n'est qu'une portion de qq kilomètres, donc on persévère, on s'enfonce un peu plus dans la brousse, mais c'est de pire en pire... On a du faire moins de 10 bornes en une heure. On finit par se faire un conseil de guerre, à l'ombre d'un arbuste. Il est 10h00. Je dois m'avouer vaincu, on ne brave pas la RN9 en saison des pluies, surtout pas a deux avec des pneus mixtes! Ou alors faut avoir beaucoup de temps devant soi...

Je suis bien dégouté, on rebrousse chemin, retour à Mangily. Nous ne sommes plus que l'ombre de nous même, motards dépités, vaincus par les éléments!

Une grosse journée

Il est 6h00 quand nous quittons Fianarantsoa, il fait encore un peu frais, l'asphalte de la RN7 file sous les roues du TTR. On attaque les premiers virages séparant Fianar' d'Ambalavao, je prends immédiatement plaisir à reprendre en troisième ou en quatrième en sortie de courbe, bas dans les tours, le gros mono ronronne, on avance paisiblement sans a coups, le moteur est rond, doux et puissant à la fois... Bon allez j'arrête de me toucher sur notre nouvelle bécane, juste un clin d'oeil pour les amateurs...

On met une petite heure pour rejoindre Ambalavao, on fait le plein, d'essence et de café, déjà 30 minutes qu'on s'est arrêté, va falloir en mettre un coup si on veut être à Mangily ce soir. On reprend un mofo akondro et filons, décidés à en découdre... Malgré la faible pluviométrie de ces dernières semaines, les hautes terres sont d'un vert tendre, qui contraste avec les granites rouges d'Ambalavao. C'est tellement beau qu'il est difficile de garder le cap vers le sud, envie de s'échapper dans les multiples chemins qui s'offrent à nous... On s'accorde un paquet de pauses, l'occasion de faire deux trois photos.

Entre Ambalavao et Ihosy


entre Ranohira et Ilakaka

On arrive à Ihosy peu après 9h00, petit pique nique bucolique à la station total... on atteint des sommets de romantisme...
Puis vient le plateau d'Ihorombe, une grande ligne droite (a peu de choses près) de 120 kilomètres, d'énormes prairies, quelques eucalyptus, un peu de maïs agro-industriel planté par des indiens, quelques tracteurs donc, c'est assez rare pour le mentionner, et du bitume pas trop dégueu (denrée rare aussi), c'est l'occasion de mettre la poignée dans le coin. Arrivés à Sakaraha ça chauffe un peu, de l'huile pisse du carter, on va se calmer sur les gaz!

On mange un coup, Potokena sy poivrons, et nous remettons en selle, d'ici deux heures on devrait être à Tulear, si tout va bien.
Mais tout se passe pas si bien, après avoir dépassé Andranovory on perd le silencieux du pot, forcément un orage se pointe a ce moment là, il nous faut pas bien longtemps pour être mouillés jusqu'au slip, et un peu plus de temps pour trouver de quoi fixer le pot (la ficelle de capuche de mon ciré) provisoirement. Il nous reste 50 bornes avant Tuléar, on séchera avant d'arriver... non non il fait pas chaud!

Derrière Mangily, à quelque centaines de mètres de la côte

On arrive finalement à Mangily avant la tombée du jour. On a abattu nos 530 Kilomètres, bien mérité notre THB glacée, les pieds dans l'eau, l'arrière train dans un hamac, le soleil couchant ses rayons dans le canal du Mozambique. Plaisir simple. La marguerite grillée achèvera de nous combler!

17.9.10

fin du voyage

Aloalos en pagaille sur la route d'Ampanihy

Le Rebeke touche à sa fin, demain je dois être à Ampanihy pour l'évaluation du CSA. On plie les gaules, les tentes en fait, on dit merci, au revoir, à une prochaine, et grimpons dans l'Hilux, direction le Nord Ouest, sachant qu'on reste dans le Sud Ouest. On le sait, la route est semée de tombeaux, on arrive en terre Mahafaly (ceux qui font les tabous), on aura donc droit à un festival d'Aloalos.

Le rite funéraire revêt une grande importance chez les malgaches, en tous cas dans le Sud de l'île, au Nord je ne sais pas. Les Mahafaly ne retournent pas leur morts, par contre ils construisent des putains de tombeaux énormes, symbole de prestige social post mortem. Il faut d'abord avoir suffisamment d'argent pour les matériaux, et puis réunir toute une foule pour construire l'édifice. C'est pas nouveau, mais plus t'es riche plus t'as un gros tombeau. Une autre pratique courante, à la mort d'un homme, est de tuer toutes ses têtes de zébus. D'abord ça sert de monnaie d'échange pour les matériaux, les Aloalos... on peut aussi en vendre quelques uns pour acheter du riz, du toky... pour la cérémonie, et après c'est l'orgie de viande! Tous les broussards alentours (selon bien sûr une imbrication de relations sociales complexes) peuvent venir se gaver de viande jusqu'à plus faim. On raconte que certaines Omby
party durent jusqu'à six mois... Là pour le bonhomme, c'est la postérité assurée pendant des siècles et des siècles. De nos jours c'est plus soft, on ne tue que les femelles (ou les mâles, je ne suis plus sur), ce qui peut quand même faire un beau tas de viande.


Tombeau Mahafaly, j'aime beaucoup le "Né le vers 1940"

Et les Aloalos dans tout ça ? sculptures de bois (le plus souvent du katrafay, une Méliacée, dont l'huile essentielle sert, entre autres, pour les massages musculaires, ça sent pas très bon, mais c'est rudement efficace, pour les grands sportifs. Sylvain , t'en veux ?), surmontées d'une figurine figurative, peintes et plantées dans les pierres superficielles du tombeau, à côté des cornes de zébus sacrifiés (les bucranes), également plantées sur le tombeau. Ces figurines représentent le plus souvent des scènes de la vie du défunt, et sont chargées de symbolisme. Bien sûr le thème du zébu est omniprésent, pas seulement parce que c'est bon, mais surtout à cause de la place du zébu dans ces sociétés d'éleveurs. C'est le troupeau qui conditionne pas mal de choses dans la vie d'une famille, c'est lui qui permet au défunt, à sa famille, et à ses dépendants (des bergers notamment) de subvenir à leurs besoins. D'ailleurs sans troupeau pas de dépendants, mais des dépendances... ça change tout! Sans troupeau pas de tombeau non plus. Certains tombeaux n'ont que des zébus, d'autres sont un peu plus funkys, comme celui d'en dessous :



Bon là, tous les Aloalos étaient pas sur le même tombeau,
c'est un ptit best of de l'Omby !



Rebeke 2010


Le Rebeke ou l'émanation d'une joie et d'une fierté non feinte


La cinquième édition du festival Rebeke de Tsihombe, ou festival du bout du monde, s’est tenu fin Août. J’avais la chance d’être dans le coin, j’ai pu en profiter et découvrir la magie d’une scène en pleine brousse. Entre foire et festival le Rebeke surprend. Le stade de Tsihombe est réquisitionné pour accueillir, le jour des compétitions de charrettes trial, concours de pesage de chèvre, dindons, zébus…

J'ai particulièrement savouré le Trial-Charrette... Plusieurs épreuves. La première, faire passer la roue droite, puis la roue gauche, entre deux rondins de bois espacées d'une vingtaine de centimètres, sans les faire tomber bien sûr. La seconde, effectuer une courbe à 90°, toujours matérialisée par des rondins, sans faire tomber ces mêmes rondins. La troisième, passer dans un pierrier, sans faire tomber etc... La dernière, deux rondins empilés l'un sur l'autre, le but, faire une marche arrière pour venir percuter celui du dessus, le faire tomber, sans faire tomber celui du dessous évidemment, délicat.

Sur la ligne de départ

A l'attaque de la courbe, dans le jargon trialistique on pourrait dire que le mec derrière joue le rôle du suiveur, il vérifie la trajectoire des roues, gueule...
Dans le pierrier, on voit rarement des zébus d'attelage dans cette position

le Jojo qui se prend pour un charretier, FO represent'


La nuit la scène s'anime, des voix venues de la brousse,comme Beiratse, Magnasoa… font vibrer les cactus. D’autres sont venus de plus loin (ils sont rares), comme la troupe des Zolobe, qui fait danser ses marionnettes géantes sous les yeux béats, des broussards comme des vazaha...






Le son est Tandroy, des voix puissantes, le fameux gargarisme ... La danse est calme, étonnante. Un pied tape en rythme par terre, en montant le genoux a hauteur de poitrine. Le bras inverse forme un T, l’avant bras à la verticale, la main vibrant dans un rythme parkinsonien. Avant même d’arriver à Tsihombe, on sait que l’on est en pays Tandroy quand on commence a voir des enfants sur le bord de la piste, feignant de combler les cratères laissés par les dernières pluies, laissant tomber l’angady à l’approche d’un véhicule, pour se mettre à vibrer dans une danse tandroy, mais personnalisée, en espérant que le conducteur lui soit financièrement reconnaissant de s’activer à aplanir ce qui reste de piste… Joli spectacle.


De nuit la scène s'enflamme, les Tandroy laisesnt la place au Tsapiky, bien plus rythmé..
.

merci Philippe pour la photo en pleine action!



15.9.10

Faux Cap (Betanty en vrai)

De Tsihombe à faux-cap, une grande ligne droite de 30 kilomètres, cernée d'épines en tout genre. ça descend, ça monte, ça redescend, ça remonte... mais globalement ça descend, jusqu'à atteindre la mer.

ça commence par du orange...

...continue sur du jaune...

de plus en plus jaune, avant de tomber sur du bleu

...pour finalement retrouver du orange...


On quitte la chaleur hivernale de Tsihombe pour arriver une heure plus tard dans des dunes de sable, jonchées d'oeufs d'aepyornis, de sisals, de rakety... Dans le lagon, on trouve pas mal de mollusques en tout genres, des crevettes vertes, des concombres de mer, des larves bleues turquoises pointées de vert fluo...

J’avais jamais été aussi loin dans le Sud terrien. C’est pas encore la pointe Sud de Madagascar mais presque. Les portugais l’ont même confondu avec le cap Ste Marie (d’où son nom « faux cap »), en débarquant ici au XV siècle. En face c'est l'Antarctique...







Fort Dauphin, première escale de cette boucle dans le grand Sud

Sur la RN 13, Peu avant Fort Dauphin.


Après 20h00 de pistes on arrive enfin à Fort Dauphin, Taolanaro de son vrai nom . On ne m’avait pas menti, ça envoie du lourd. La ville est cernée par des criques sableuses, et de vertes montagnes. A l’Est, la fameuse baie s’étend sur plus de 20 kilomètres. 20 000 mètres de plage… y a de quoi étendre de la serviette ! C’est plutôt plaisant de se retrouver ici après avoir bouffé de la poussière pendant 2 jours. Du vent, qui te rentre entre les dents. Du sable les fait grincer.

Cette arrivée a un air de vacances, c’est pas le cas, demain faut se remettre à la tâche, mais en attendant on se laisse rêver à un petit cocktail face à la mer, les yeux perdus dans l’horizon, le bob 51 vissé sur le crâne, les merguez sur le fatapeir…
60 000 habitants à Fort Dauphin, autant dire une petite ville, plutôt isolée (!), malgré son énorme port, qui en fait ne sert quasiment qu’à exporter de l’ilménite, extraite aux alentours. L’ilménite ? un minerai à haute valeur ajoutée, principalement utilisée pour composer des peintures et autres matériaux polymères. Une belle merde quoi ! N’empêche que grâce à QMM (société Canadienne je crois), y a plein de 4x4 dans les rues de Fort Dauphin et les prix de l’immobilier flambent...
Je reste 5 jours à Fort Dauphin, mais malheureusement je bosse comme un autiste, dans ma chambre d'hôtel, et je prends pas le temps d'aller explorer les environs, ni de me renseigner un peu plus sur la ville. Pas beaucoup de photos non plus. La baie bien sûr :




Enfin, la plus grande baie, y en a d'autres, plus jolise mais moins impressionnantes. Celle-ci est un peu crade, exutoire du café clope dirons nous...


Merde, lequel je prends ?

20.8.10

Têtes de Vezos


Quelques portraits de Vezos...

Les dames : 

ça se voit pas mais la dame est concentrée, elle aide son mari à plier son filet


Grrrrr


Miam ! Pas toujours facile de manger des mofo sans dents...



Un petit gars :


Partie de pêche en eaux Vezos (comprendre canal du Mozambique, au Sud)

Contrairement aux idées préconçues, tous les pêcheurs ne se lèvent pas à l'aurore, à Sarodrano c'est plutôt pépère. 11h30, on part  la pêche, en plein cagnard...

On rame un coup

On pose le filet

On s'écarte un peu, et on fait peur aux poissons, 
pour qu'ils se jettent tête baissée dans le filet

on remonte le filet, mais on gagne pas à tous les coups... Après 2h00 sur l'eau, on finit par choper un pauvre petit qu'avait rien demandé à personne. Il est pas gros, mais joli

Sarodrano : entre ciel et ocean


Sarodrano, quelques kilomètres au Sud de Tulear, une bande de sable de 2 kms de long, entre le canal du Mozambique et un semblant de mangrove. Univers de sable, coincé entre deux eaux. Un doux village de pêcheur, une dizaine de bungalows face à la mer... un petit weekend sympa entre 2 CSA !



Le matin, chacun va poser sa pêche face à l'horizon, comptant sur les marées pour l'emmener au large. La dame sur la photo du dessus en revient, grillée en flag'!


Mofo gasy et Mofo ball,
à base de farine de riz, trempé dans le café, c'est régalade

radeau de fortune en tortue, direction le Mozambique...

On trouve de l'eau douce à quelques mètres sous sable, étonnant !





18.8.10

Benenitra se réveille

Benenitra, bourgade perdue au sud du massif de l'Isalo, je n'y vais pas par hasard, on y trouve un CSA, qui marche pas trop mal... malgré l'isolement, les dahalos, les delestages...
Ambiance intimiste au petit matin, le café frémit au coin des rues, chacun mange ses mofo en enlevant ses crottes d'oeil, des gamins se réchauffent au soleil ou près d'un feu, les charettes font des allées et venues chargées de bidons d'eau, d'autres accourent pour le marché, des cochons s'enfuient pour ne pas finir en côtelettes... moi je profite de la lumière matinale pour immortaliser Benenitra







15.8.10

Chez le veto

le veto : qu'est-ce qui vous amène ?
moi : mon chien saigne de la bouche depuis hier
le veto : oui
moi : je crois qu'il a mangé de la mort aux rats, d'après la notice ça provoque des saignements
le veto : il a peut-être mangé un petit hérisson
moi : hum...

12.8.10

Quelques prénoms en vogue sur la grande île...

... pour les futurs parents en mal d'inspiration

  • Chez les filles :
Jeannedarc
Bovinne
Armandine


  • Côté mâle :
Maotsetoung
Beaubien
Saint florent
Jean de dieu
Nepomycène
Chrysostome
Lauréat
Giscard
Théobert
Brillant
Fidelet
Exellent
Jean-Courage
Babylas